Au début du XX ème siècle, deux événements marquent le monde
équestre français :
-
la marginalisation de l’équitation académique par
rapport à l’équitation sportive
-
l’émergence d’une équitation civile à côté de
l’équitation militaire (les militaires perdent leur suprématie dans les
épreuves nationales et internationales.)
Pendant toute la première moitié du siècle, l’équitation
reste sportive et réservée à une élite. Les difficultés et les risques font
partie de l’apprentissage.
Ce monde du Cheval reste encore, par tradition, un monde
masculin et militaire.
Jusqu’à une période assez récente, certains diront qu’il
y a deux équitations :
-
la bonne : sportive, classique et traditionnelle
-
la mauvaise : tout le reste
L’ANTE est créée en 63, mais c’est dans les années 70 que
l’équitation de Loisirs débarque vraiment de chez nos voisins anglais grâce au
monde des poneys et perd son objet uniquement sportif. La pratique de loisirs s’accentue,
les structures d’accueil se développent en même temps que la population des
équitants.
Le monde de l’équitation français doit s’adapter.
La notion de LOISIRS ne se rapporte plus à notre époque à
une occupation de son « temps libre », mais à une façon de pratiquer.
C’est un état d’ESPRIT.
Nous sommes dans une société du ludique et personne
n’accepte plus de recevoir des ordres. Les mentalités ont évolué et, désormais,
TOUTES les formes d’équitation ont le droit à l’existence.
La
pratique de Loisirs s’adresse à un public large : enfants, adultes,
débutants ou confirmés… C’est une pratique du BIEN-ETRE et du PLAISIR.
Les
pratiquants ont des ambitions modestes ? Aller se promener ?
-
satisfaction, sentiment de
plaisir
-
épanouissement physique et
moral de l’individu quel que soit le résultat
-
estime de soi, compétence
par rapport à soi même ou aux autres
-
convivialité, acceptation
sociale
-
contrôle : sentiment
d’être responsable
-
comportement vertueux :
fair-play, coopération
-
recherche de l’esthétisme, pratique
d’un ART,
-
recherche de l’effort, goût
du risque, recherche de sensation hors stress de la compétition
-
amour de la nature
-
autonomie et adaptabilité
Pédagogie
du Loisir :
A
l’opposé de l’entraîneur qui vise les performances sportives,
l’enseignant est, en plus, capable d’adapter sa pédagogie à un cadre
plus large et de remplir en même temps un rôle éducateur ou rééducateur.
En
privilégiant le contact affectif avec l’animal, en autorisant la peur, en
autorisant l’erreur, en veillant à la sécurité, en donnant sa place à chacun…
l’enseignant contribue au bien-être de ses pratiquants et les emmène sur le
chemin de l’AUTONOMIE dans leur pratique. Il est ainsi capable par ses qualités
de techniciens de concevoir un projet, d’analyser les difficultés à résoudre,
de proposer des situations pédagogiques adaptées selon un grand choix
d’activités : jeux, animations conviviales et / ou familiales, activités
pluridisciplinaires, rencontres amicales, compétition…
Compétition ?
Le
schéma culturel ne sait pas proposer autre chose ! La fédération construit
un système en s’appuyant dessus. Même les pratiques qui ne présentaient au
départ qu’un caractère de loisirs, présentent maintenant une version
compétitive (TREC attelé par exemple). Il y a beaucoup de plaisirs dans ces
compétitions, mais aussi de contraintes. Il faut bien évaluer la motivation, le
caractère, le niveau des pratiquants, leurs modes de vies, leurs moyens
financiers…
En
plus de la compétition classique, un circuit parallèle s’ouvre donc à un public
plus jeune et de niveau plus faible. Une « compétition de loisirs ».
Ces concours s’appuie dur la pédagogie de la réussite avec des épreuves
facilement accessibles.
Dans
la compétition de loisirs, c’est toujours l’effort consenti et le progrès
personnel qui sont valorisés, plus que le résultat final. Encourager est un
facteur puissant de BONHEUR contagieux. La compétition a alors une vocation
EDUCATIVE. Elle n’est pas indispensable pour progresser, mais c’est un outil
qui le permet. Bien gérée, elle apporte des acquisitions dans différents
domaines :
-
construction de son
identité, besoin d’identification
-
progression technique par
objectifs techniques précis
-
estime de soi, mesurer son
niveau à un niveau de difficulté ou à d’autres personnes
-
renforcement de la
motivation
-
émulation
-
capacité de s’organiser,
responsabilisation,
-
capacité à respecter un
règlement, une autorité institutionnelle, la performance des autres
-
intégration dans un groupe
L’écueil :
Le PLAISIR doit toujours être supérieur aux difficultés. Dans le cas contraire,
la compétition devient un MALAISE.
-
incapacité mentale de
résister à l’échec (échecs répétés)
-
adapter ses rêves à la
réalité
-
faire face à son seuil
d’incompétence, prise de risque sans rapport avec son niveau
-
gestion du stress et de ses
émotions, effet « grosse tête »
-
gestion des
inconvénients : charge financière, impératifs horaires, pression du milieu
familial, stagnation du à un cheval limité, nécessité de s’impliquer dans
l’effort, assiduité …
Cela
dit, l’absence de palmarès n’interdit pas de penser, réfléchir, lire, sentir,
comparer, « travailler juste » et, progresser.
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