L'Attelage Pédagogique

cheval 
©Laurence Grard Guenard

     La notion de progrès    pédagogie

Définition :
changement d'état, passage à un degré supérieur, amélioration

La cavalier a une notion de ses progrès quand il arrive à résoudre des problèmes qu'il n'arrivait pas à solutionner avant. Son comportement s'est modifié grace à ses acquisitions, il est passé d'un état A à un état B. On peut mettre en parallèle un niveau de départ et un niveau d'arrivée, l'apprentissage se situant entre les deux niveaux.

Le progrès n'est pas un phénomène linéaire, constant et régulier. Le cavalier évolue en restructurant des connaissances antérieures, pas en les additionnant. A chaque nouvel apport, l'élève réorganise et développe sa structure initiale de compétence. Chaque connaissance supplémentaire remodèle entièrement la structure de base.

En équitation, la progression est découpée selon plusieurs fils conducteurs, reliant les apprentissages de bases, des apprentissages intermédiaires et des apprentissages terminaux. C'est ce découpage que l'on retrouve dans les brevets fédéraux (galops), qu'ils soient montées, d'attelage, de pleine nature ou de horse-ball.

Pour l'enseignant : 

Faire progresser est l'objectif de tout enseignant. Il semble pourtant à notre époque (début XXI°) que l'objectif soit "d'occuper" le temps.

Le rôle de l'enseignant, (laissons tomber l'animateur), est de concevoir et d'organiser une progression par un découpage minutieux, afin d'aboutir à un enchainement logique d'exercices simples avec accroissement linéaire des difficultés et de l'intensité. La qualité de cette progression aboutit au progrès de l'élève.
Ce travail exige bein evidemment une évaluation de départ, dite évaluation prédictive. Elle peut se faire sur les diplomes acquis (numéro de galop) mais la validation de ces diplomes est devenue assez peu fiable. Elle peut également se faire sur observation de l'élève. Les motivations et les possibilités de l'élève sont importantes pour établir le programme de formation, elles doivent faire partie de l'évaluation.
Le programme établi, le cavalier suit différentes étapes. Des évaluations successives appelées formatives, permettent de vérifier du bon déroulement de l'évolution, et réajuster le programme si nécessaire.
Enfin, une évaluation finale, sommative, permet de formaliser la notion de progrès, par l'obtention d'un diplôme par exemple.

Ce qui fait progresser l'élève : c'est la difficulté de la tache, elle doit être bien choisie. L'enseignant individualise son enseignement pour s'adapter à chaque élève d'une même reprise.

Pour l'élève :

Sa capacité à réaliser des exercices augmentera ses compétences et son niveau d'expertise : on dit que le seuil d'incompétence recule.
A partir d'un haut niveau de compétence, c'est le changement de cheval qui permet de progresser. Le progres est facteur de satisfaction, et participe grandement à la motivation intrinsèque, d'où le développement de la pédagogie de la réussite.
Seul l'élève impliqué peut progresser : c'est lui qui fait des choix, dans l'investissement matériel (finances et temps), affectif (prender sur le temps d'autres occupations) et physique (par rapport à sa fatigue ou ses blessures).

On n'est jamais à l'abri d'un évenement qui amène la stagnation ou même la regression :
- peur
- arrêt de la pratique pour diverses raisons
- croissance
Chacun progresse à son rythme en fonction de sa personnalité, de son vécu, de son potentiel physique et mental.
L'enseignant doit permettre à tous de progresser, rendre accessible la pratique, appliquer de nouvelles méthodes pour faciliter l'apprentissage.