L'Attelage Pédagogique

cheval
©Laurence Grard Guenard

      Place de la sensation dans l'enseignement      rouepeda


Qu'est ce que la Sensation :
1/ impression perçue directement par les organes des sens.
2/ état qui résulte d'impressions perçues.
3/ forte impression.

Les sens :
les cinq sens : l'ouïe, la vue, le toucher, l'odorat, le goût.
le sixième sens : l'intuition
Les autres sens :
- la proprioception : ensemble de récepteurs assurant la perception de la position et du mouvement des parties du corps.
- le sens kinesthésique : appréciation des positions et des mouvements des membres en fonction des récepteurs proprioceptifs.
- l'équilibration : adaptation permanente du corps, au repos comme en mouvement, aux lois de la gravitation par une juste répartition des tensions musculaires et du poids des membres, afin de maintenir la projection du centre de gravité dans le plan des points d'appui.
- le sens haptique : modalité sensorielle associés aux récepteurs cutanés, musculaires, tendineux et articulaire à l'exclusion de la vision. (aveugle)
...

Quelques utilisations des sens en équitation :
- La vue : le cavalier débutant est hypnotisé par le mouvement des oreilles du cheval. Si on lui demande de fermer les yeux, il sent que le dos du cheval lui fait balancer son bassin et jambes, alternativement de droite à gauche. Le regard doit aider au contrôle de la direction et des évènement extérieurs (vision panoramique). Il peut parfois servir au contrôle de la position.
- L'ouïe : le son des battues permet un renseignement sur la locomotion du cheval (allures,irrégularités, boiteries...)
- Le toucher : Ce sont l'ensemble des capteurs du corps. L'équitation est une pratique corporelle, l'apprentissage d'une attitude et d'un langage corporel. La prise d'information et la communication se fait par le corps, ce qu'on appelle les aides : jambes, mains, et aussi l'assiette, ce troisième oeil qui permet de savoir sur quel diagonal on trotte, sur quel pied on galope sans utiliser les yeux, ou encore, détermine le temps d'action de la jambe d'impulsion dans l'épaule en dedans...

" Le cavalier qui sent son cheval, juge, en quelques minutes, quel est son degré d'éducation, et en tire aussitôt tout le parti." Baucher.

La difficulté pour l'enseignant est de savoir ce que l'élève perçoit comme sensation.

Les sensations sont difficilement mesurables et quantifiables. L'enseignant ne peut qu'interpréter le comportement de l'élève par ses réactions, et parfois, les réactions du cheval.

Le débutant est très déstabilisé et secoué : il ressent énormément de choses dans son corps au niveau de la locomotion du cheval.

Au fur et à mesure de sa progression, il se stabilise et communique en faisant le tri des sensations positives et négatives.
Il sent ce qui se passe sous lui, analyse, réagit, régule, coordonne ses aides en tenant compte du fonctionnement locomoteur du cheval.


Il est très important que la cavalerie soit dressée correctement afin de communiquer des sensations justes aux élèves.
Certaines notions équestres sont, en effet, basées sur des sensations difficiles à définir tant que le cavalier ne les a pas vécues ni ressenties :
"train" en complet (cross), place de la foulée à l'obstacle, impulsion dans les piaffers ou passage, tensions, équilibre, cessions...


L'enseignant doit apprendre à l'élève à ressentir et analyser ses sensations. Il développe son éducation neuro-sensorielle en affinant sa perception et l'analyse de ce qu'il ressent au cours du travail aux trois allures, en utilisant un ensemble de mises en situations adéquates.
     - sentir quel postérieur avance au pas
     - sentir et suivre les trois allures à la longe (voltige)
     - manier les rênes ou les guides, communiquer avec la bouche du cheval (contact moelleux)
     - reconnaitre sur quel pied on galope par le mouvement du bassin (sans regarder) : assis ou en équilibre
     - savoir sur quel diagonal on trotte sans regarder (trot enlevé)
     - savoir doser finement les actions des mains pour obtenir une cession de nuque ou de machoire.
     - savoir varier les différents équilibres de son cheval (effectuer une figure de dressage, aller sauter, abordr une difficulté en terrain varié)
     - combiner ses aides pour obtenir des mouvements subtiles : équilibre, cadence, impulsion, rassembler
     - ...

La sensation et l'équitation sont indissociables.
C'est le tact équestre :
   - le contrôle permanent de sa propre assiette et de ses aides;
   - le contrôle de la perméabilité, de l'impulsion et de l'attention du cheval.

Guidé par son tact, le cavalier doit savoir quelles aides employer, avec quel degré, s'il faut les renouveler ou bien si le but est atteint.
Ce tact, on ne peut l'acquérir que par soi-même. Les autres (l'enseignant) ne peuvent que le stimuler, le favoriser par des explications judicieuses, par l'appel au contrôle personnel (auto-évaluation), par le choix des leçons et par la façon dont elles sont exécutées et contrôlées (
feed-back).
La technique permet une utilisation juste du potentiel d'un cheval. Mais le cavalier doit être plus encore : "une antenne corporelle à l'écoute du moindre signal diffusé, sous lui, par la source émettrice."

Le meilleur instructeur dans ce domaine est le cheval. Il relève patiemment et inlassablement les erreurs et les fautes de son cavalier.



Bibliographie :
Profession : Instructeur d'Equitation - Jean-Pierre Guiotat
Equitation : La Formation du cavalier - Le Dressage du cheval  de MUSELER

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