La voix
Les aides du meneur
La voix est une des aides du meneur, presque la principale. Le cheval doit être capable de transformer calmement, immédiatement et de bonne grâce, différents sons prononcés par le meneur en actions précises.
La voix, plus simplement, c'est :
- un mot
- une intonation (hauteur : grave ou aiguë)
- une intensité (volume)
- une durée
Le tout entièrement synchronisé sur la locomotion du cheval.
Une éducation très fine est réalisée à pied avant de mettre le cheval à la voiture.
Initiation du cheval
La première étape fondamentale est d’éduquer le cheval aux ordres parlés : le vocal.
Cette étape conditionne la suite du dressage.
La demande vocale doit toujours précéder l’action visuelle ou physique du longueur. Lors de l’apprentissage, celui-ci utilisera également ses propres déplacements et une chambrière pour influencer les déplacements du cheval. La compréhension et l'interprétation de la voix restera l'objectif global.
Vouloir enseigner au cheval un code vocal suppose de maitriser en permanence ses messages vocaux.
Si on en est incapable :
- soit on apprend à le faire : il s'agit surtout de savoir-être et de savoir-faire, qui passe par l'observation du cheval, la patience et la pédagogie.
- soit on cesse de vouloir dresser un cheval.
Peu de personnes se remettent en question à ce sujet, tout le monde veut "fabriquer" son cheval, avec des méthodes personnelles qui finissent souvent en résultats médiocres ou dangereux.
Une fois les mauvaises habitudes prises, faire appel à un "éthologue" pour recadrer le cheval n'est pas non plus la solution. Il s'agit, en fait, de former le propriétaire.
Quels mots ?
Pour que les ordres soient compréhensibles, il est conseillé d’utiliser des mots bi-syllabiques.
Pour bien communiquer avec le cheval, on l'implique en l’interpellant par le vocable bi-syllabique sous lequel il se reconnaît. Aujourd'hui, on dira "on capte son attention".
Puis on commande une action sur un ordre également bi-syllabique.
L’apprentissage d’une nouvelle action doit s’accompagner de l’acquisition du vocable correspondant : nouvelle action = nouveau vocable.
Comment les énoncer ?
L’intonation joue un grand rôle pour la compréhension du cheval.
On n'utilise pas la même intonation pour demander une allure supérieure, inférieure, ou pour réprimander, féliciter, calmer…etc.
Patience, calme, rigueur sont des qualités absolument indispensables au dresseur.
Moyens à utiliser
Tous les moments de manipulation à pied sont des occasions d'apprentissage : bon ou mauvais d'ailleurs. A vous de les faire vôtre.
Le travail à pied : longe, longues rênes, liberté, sont évidemment des moyens fantastiques de développer l’entente et la confiance entre l’homme et le cheval.

ERREURS
Quand on apprend, on se trompe. Nous et notre cheval. Soyez aussi indulgent avec lui que vous êtes rigoureux et exigeant avec vous-meme.
Oublier d’appeler son cheval avant de lui donner un ordre
Il y a de grands avantages à faire précéder l’ordre par le nom du cheval : cela prépare le cheval à recevoir l’ordre dans de bonnes conditions d’attention, permet de différencier les interventions vocales dans un attelage multiple, évite un démarrage intempestif lorsque plusieurs voitures se côtoient.
Utiliser le nom du cheval à la place d’un ordre
L’usage de son nom doit le rendre attentif, jamais plus.
Son nom ne doit pas remplacer l’ordre d’une transition montante.
Son nom ne doit pas remplacer une réprimande.
Le cheval anticipe l’ordre sur appel de son nom
Dans le travail à pied, le langage non verbal permet à votre cheval de vous lire et d'anticiper votre demande effective. Faites bien attention à cette rigueur et ne laissez pas votre cheval anticiper. Eduquer-le à attendre l'ordre car cette attitude peut être dangereuse en voiture. Evitez les répétitions rapprochées, ou au même endroit, qui favorisent l'anticipation.
Crier
L’ouïe d’un équidé est supérieure à celle de l’homme. Le cheval ressent tout ce que vous faites et toutes vos émotions.
Et encore ... quelques mauvaises habitudes
Aucun de nous n’échappe aux mauvaises habitudes et il est utile de se faire écouter régulièrement par des oreilles étrangères et compétentes et d’accepter toute critique constructive.
- Répétition inutile d’un ordre
- Emploi de 2 termes pour une même action
- Emploi d’1 seul mot pour deux actions différentes
- Mauvaise intonation
- Perte de patience
- Agitations
- Hurlements et cris
- Utilisation désordonnée de la chambrière
- Inadaptation de la durée de l'ordre vocal : la voix étant une aide, elle doit "céder" au bon moment.
- … etc.
Quelques exemples de vocables attelés
Choisissez le vôtre en différenciant nettement les mots-ordres pour faciliter la compréhension du cheval. Des mots aux vocables trop proches peuvent créer la confusion, l'hésitation, l'erreur.
1. Ordres montants sur un ton tonique et montant, toujours précédés du nom du cheval
| Partir au Pas | Marche ! ou marchez ! |
| Accélérer l'allure | Allooonge ! |
| Faire un demi-tour | Tourne droite ! ou Tourne gauche ! |
| Trotter | Trot-Tez ! |
| Galoper | Gaaaalop ! ou Tchup ! |
| Reculer | Re-cule ! |
2. Ordres descendants...
| Ralentir quelle que soit l'allure | Doooucement... O-ooh... |
| Revenir au Pas | Oooooo pas |
| Arrêter | O-ooh... Là ! ou O! O! O! |
3. Félicitations... et Réprimandes ?
| Bien... Oui... |
| Non !! |




